Enfin, le talent de Félix Thiollier est reconnu à Paris où une première monographie est consacrée à cet artiste ligérien, au musée d’Orsay, du 13 novembre 2012 au 10 mars 2013. Cette exposition met à l’honneur ce rubanier de Saint-Etienne qui, à l’âge de 35 ans, avait décidé de devenir rentier. L’art et l’archéologie sont les deux passions principales de Félix Thiollier, auxquelles s’est ajoutée progressivement la photographie. Félix Thiollier adorait photographier les paysages, surtout les vieux chênes mais aussi les scènes de la vie locale et les paysages miniers. Dans sa commanderie de Verrières à Saint-Germain Laval, il avait amassé au cours de sa vie plus de 20 000 plaques de verres prises par lui et 500 tableaux de ses amis peintres régionaux (Beauverie, Ducaruge, Noirot et autres artistes).
Il avait amassé au cours de sa vie plus de 20 000 plaques de verres prises par lui et 500 tableaux de ses amis peintres régionaux. Aux Archives départementales de la Loire à la cote 1 M665, une enquête de moralité pour une obtenir une éventuelle remise de Légion d’honneur présente ce grand photographe ainsi on y lit : « Félix Thiollier (fils de Claude Auguste Thiollier, négociant, habitant place de l’hôtel de ville et de Françoise Emma Colard) né le 28 juin 1842 à Saint-Etienne, ex-fabricant de passementeries et photographe ». Selon le rapport du commissariat de sûreté de Saint-Etienne, « il habite presque continuellement Paris, 60 rue Madame depuis environ un an avec sa femme et ses quatre enfants et lorsqu’il vient à Saint-Etienne, il descend chez son beau-père M. Testenoire Lafayette, ancien notaire habitant 28 rue de la Bourse. Monsieur Thiollier qui a pour ainsi dire toujours habité notre ville, jouit d’une très bonne réputation sous tous les rapports. Il possède à Saint-Etienne, deux immeubles valant environ 200 000 francs. » Le préfet de la Loire rajoute dans son rapport daté du 4 juin 1891 qu’il « jouit d’une excellente réputation sous tous les rapports. On le dit réactionnaire. Son honorabilité est parfaite mais il est considéré comme hostile aux idées républicaines. » Ce rapport daté du 6 juin 1891 ne l’empêche pas d’être également proposé comme correspondant du ministère de l’Instruction publique.ÉDITEUR D’OUVRAGES ILLUSTRÉS
A l’étroit dans le costume de l’érudit local, Thiollier s’était bien vite lancé dans l’édition d’ouvrages luxueusement illustrés d’après ses propres clichés avec son ouvrage célèbre et recherché par les collectionneurs et bibliophiles Le Forez pittoresque. Destinée à promouvoir tant les richesses naturelles et patrimoniales du Forez que l’oeuvre de ses nombreux amis artistes, cette entreprise devait mobiliser une part importante de son énergie, lorsque celle-ci n’était pas consacrée à des actions complémentaires de défense du patrimoine ou d’animation de la vie culturelle stéphanoise.
Félix Thiollier a eu l’honneur d’une biographie en 1917, puis les stéphanois ont attendu très longtemps une exposition de renom avec celle de 1995 au musée d’art moderne de Saint-Etienne Métropole de 1995. Récemment, Félix Thiollier a été exposé au Japon. C’est avec le soutien financier de Neuflize, du groupe Casino et de Saint-Etienne Métropole que l’exposition a lieu. Un catalogue d’exposition intitulé Félix Thiollier, territoires subjectifs,est coédité par le musée d’Orsay et les Éditions Courtes et Longues (224 pages, 200 illustrations, 40 €).
L’exposition sur le site du musée d’Orsay.













